COUP D’ETAT AU NIGER
Samedi, 20 Février 2010 02:37
La France condamne, les Etats-Unis se montrent mesurés

Les réactions de la communauté internationale n’ont pas tardé après le coup d’Etat perpétré au Niger le jeudi 18 février. L’Union africaine et la France condamnent le coup d’Etat, tandis que les Etats-Unis d’Amérique se veulent eux mesurés. Le président de la Commission de l’Union africaine (Ua), M. Jean Ping condamne le coup d’Etat intervenu au Niger. Dans un communiqué sorti ce vendredi, M. Jean Ping condamne ‘’la prise du pouvoir par la force au Niger’’ et demande ‘’le retour rapide à l’ordre constitutionnel’’.

Déjà, le jeudi le commissaire à la Paix et à la sécurité de l’UA, M. Ramtane Lamamra, s’était exprimé à propos du coup d’Etat. M. Ramtane Lamamra qui tenait à rappeler la position de principe de l’Ua avait soutenu que cette dernière ‘’condamne l’usage de la violence pour tout changement de pouvoir politique, pour le Niger comme pour les autres pays’’. Ainsi pour Ramtane Lamamra : ‘’Il n’y a pas de bon ou de mauvais coup d’Etat. Tous sont mauvais’’.

Emboîtant le pas à l’Ua, la France a elle aussi condamné la prise du pouvoir par les militaires au Niger ‘’par des voies non constitutionnelles’’. Le ministère français des Affaires étrangères ’’engage tous les acteurs, y compris les forces armées, à trouver par le dialogue et dans les meilleurs délais une solution à la crise constitutionnelle’’ au Niger.

Pourtant, les Etats-Unis d’Amérique d’habitude si prompts à condamner les coups d’Etat militaires se montrent cette fois mesurés vis-à-vis des putschistes au Niger. Ainsi, indique le porte-parole du département d’Etat américain, M. Philip Crowley, l’action du président du président Mamadou Tandia avait ‘’très bien pu déclencher le coup d’Etat’’.

Le porte-parole du département d’Etat américain fait ainsi allusion à la décision qui avait été prise en août dernier par le président Tandia de dissoudre le Parlement et la Cour constitutionnelle, et d’adopter une réforme constitutionnelle qui lui permettait de se maintenir au pouvoir, au-delà du terme de son deuxième mandat de cinq ans.

Un passage en force qui avait été condamné par l’Union européenne, qui a suspendu son aide au développement, et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions diplomatiques et économiques contre le Niger. Le porte-parole du département d’Etat américain, M. Philip Crowley demande l’organisation des élections au Niger.

Les putschistes nigériens, par la voix de leur porte-parole, le colonel Goukoye Abdoul Karim, ont annoncé une série de mesures. Regroupés au sein du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (Csrd), ils ont ‘’décidé de suspendre la Constitution de la sixième République et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues’’. Ils ont instauré un couvre-feu et procédé à la fermeture des frontières aériennes et terrestres du Niger.

Le Csdr s’est aussi doté d’un président. Il s’agit du chef d’escadron Salou Djibo. Ce dernier commande la compagnie d’appui de Niamey, qui dispose d’armements lourds, dont des blindés. Pour le moment, certaines informations indiquent que le président déchu, Mamadou Tandia et son aide de camp seraient retenus dans la garnison de Tondibia, à une vingtaine de kilomètres de Niamey. Pour le moment, le président Tandia se porterait bien et aurait même reçu la visite de son médecin.




















Auteur: Mayaram -

 

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