PLANIFICATION FAMILIALE
Jean Charles Moreau invite les politiques au respect des engagements

Le chef de service de la clinique gynécologique et obstétricale du Centre hospitalier universitaire le Dantec, Jean Charles Moreau, a invité les décideurs politiques au respect des engagements de la feuille de route nationale en vue d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement fixés à l’horizon 2015.

’’Une feuille de route qui avait prévu le recrutement de 2232 sages femmes’’, a précisé professeur Moreau, soulignant qu’il y a au moins 500 sages femmes diplômées d’Etat qui sont en attente d’un recrutement pour avoir déposé leur demande au ministère de la Santé depuis 2005.

Jean Charles Moreau, par ailleurs titulaire de chaire à la faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), s’exprimait mardi en marge d’un atelier consacré au modèle ‘’Rapid’’ (Ressources pour l’analyse de la population et de son impact sur le développement).

L’atelier était organisé par le CEFOREP et la Division de la santé de la reproduction du ministère de la Santé et de la Prévention, avec l’appui de l’USAID/Sénégal, à l’intention des réseaux (parlementaires, journalistes et chefs musulmans) impliqués dans le plaidoyer et le repositionnement de la planification familiale au Sénégal.

Les besoins non satisfaits en matière de contraception ont atteint 32%, avec de grandes disparités qui sont constatées entre les régions. Un document du CEFOREP fait état d’une région qui enregistre un taux de prévalence contraceptive de 1%.

Le même document indique que les taux de mortalité maternelle et infantile sont élevés avec 401 décès maternels pour 100000 naissances vivantes et 61 cas de décès de nourrissons pour 1000 naissances vivantes.

A cet effet, le professeur Moreau invite les décideurs à plus d’engagement, notamment en s’inspirant de la loi sur la santé de la reproduction qui a été promulguée il y a plus de cinq ans, mais qui jusqu’à ce jour a connu aucun décret d’application.

Selon lui, un engagement politique suppose plus d’allocations de ressources à la planification familiale, qui est une entité comprenant non seulement l’espacement des naissances, mais aussi le dépistage et la prise en charge correcte des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH SIDA.

Il y a aussi la prise en charge de l’infertilité des couples désireux d’enfants, a ajouté le professeur Moreau qui trouve anormal que dans un pays qui compte 12 millions d’habitants, le nombre de gynécologue obstétricien ne dépasse pas 125. Selon lui, cela représente un ratio de 1 gynécologue obstétricien pour 100.000 habitants.

’’Si je prends l’exemple de deux régions enclavées comme Tambacounda et Kédougou, éloignées et réputées difficile d’accès, elles comptent à elles deux une seule gynécologue obstétricienne’’, a-t-il indiqué non sans faire remarquer que cette dernière est basée à l’hôpital régional de Tambacounda, situé à 271 km de Kédougou.












Auteur: LTF/CTN
 

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